Bourses Schlumberger 2026 : une chance pour Africaines

Un tremplin mondial pour les Africaines

Depuis vingt ans, le programme Faculty for the Future de la Fondation Schlumberger ouvre les portes des plus grands laboratoires universitaires aux femmes issues des économies en développement. Sa cuvée 2026-2027, dont les candidatures ferment le 7 novembre 2025, promet déjà une moisson d’espoirs scientifiques.

Basé sur des bourses doctorales et postdoctorales, le dispositif finance les frais de scolarité, le séjour à l’étranger et la logistique de terrain, tout en connectant les lauréates à un réseau mondial d’expertes prêtes à partager mentorat et opportunités de publication.

Des chercheuses originaires d’Angola, du Gabon, de Namibie ou de la République du Congo ont déjà profité de cet élan. Elles explorent l’intelligence artificielle, la transition énergétique ou la lutte contre les maladies infectieuses, avant de rapatrier ces compétences dans leurs universités d’origine.

Impact mesurable en Afrique centrale

Au Congo-Brazzaville, le programme est salué par plusieurs doyennes, qui y voient un levier complémentaire aux objectifs de diversification économique portés par les autorités. Selon la professeure Nadège Silou, « chaque boursière ouvre une filière de savoirs inédits au campus de Brazzaville ».

Les données internes de la Fondation montrent que huit Congolaises ont déjà intégré des laboratoires de pointe en France, au Canada et en Afrique du Sud depuis 2010, avant de revenir enseigner la robotique, la géochimie ou la bio-statistique dans leurs départements respectifs.

Voix de boursières engagées

Dominique Durastanti Mombo, première lauréate gabonaise, confie que la bourse « offre non seulement une stabilité financière, mais aussi la reconnaissance et la confiance qui m’encouragent à viser l’excellence scientifique et à développer mon leadership ».

Aureliana Filomena Chambal Chilengue, doctorante mozambicaine à Nottingham Trent, espère « contribuer au renforcement des stratégies de contrôle et à la réduction de la mortalité liée à la tuberculose » tout en encadrant d’autres jeunes femmes désireuses de s’orienter vers la microbiologie.

En Namibie, la chercheuse en systèmes d’information Katazo Amunkete souligne que la bourse a financé des navettes régulières entre son université d’accueil et Windhoek, condition indispensable pour recueillir les données terrain nécessaires à sa thèse et publier des articles référencés.

Ouverture des candidatures 2026-2027

Pour la session 2026-2027, les dossiers peuvent être déposés en ligne jusqu’au 7 novembre 2025. Les candidates doivent présenter un projet de recherche aligné sur les priorités de développement de leur pays, une admission conditionnelle dans une université d’accueil et un plan clair de retour.

La Fondation privilégie les travaux susceptibles d’apporter des réponses aux défis climatiques, sanitaires ou numériques, en cohérence avec l’agenda continental de l’Union africaine et les Programmes nationaux de développement dont celui de la République du Congo.

Un réseau qui change la donne

Au-delà du soutien financier, chaque boursière rejoint une communauté de plus de 950 alumnae réparties sur 85 pays. Des ateliers virtuels réguliers traitent de la rédaction scientifique, de la gestion de laboratoire ou de la levée de fonds auprès d’organisations multilatérales.

D’anciennes lauréates siègent aujourd’hui dans des instances de décision régionales, à l’image de la Nigérienne Aïssata Issoufou, devenue conseillère en innovation pour la Communauté économique des États d’Afrique centrale, preuve tangible de l’effet démultiplicateur du programme.

Les partenaires académiques, de l’Université de Cambridge à l’Université Cheikh Anta Diop, valorisent également ce vivier féminin dans leurs politiques de recrutement, démontrant qu’investir dans les talents africains nourrit la compétitivité scientifique mondiale.

Comment postuler en pratique

Les candidates créent d’abord un compte sur la plateforme digitale de la Fondation Schlumberger, où elles détaillent parcours, publications et recommandations. Chaque champ se sauvegarde progressivement, permettant de peaufiner le dossier lors de pauses-connexion fréquentes sur le continent.

Un comité scientifique international étudie ensuite la qualité du projet et l’engagement à retourner enseigner. Les lauréates reçoivent une lettre d’offre détaillant le montant annuel, renouvelable après évaluation de performance et de diffusion des résultats dans leur pays.

Les dépenses couvertes incluent frais universitaires, indemnité de subsistance, matériel de laboratoire et voyages de terrain, soulageant des charges souvent prohibitives pour les chercheuses africaines.

Vers une nouvelle génération scientifique africaine

En renforçant la présence féminine dans les STEM, le programme contribue indirectement aux Objectifs de développement durable, qu’il s’agisse d’une énergie plus propre ou d’une santé améliorée grâce aux diagnostics de pointe.

Le président du comité exécutif de la Fondation, Olivier Le Peuch, résume la philosophie : « Investir dans les scientifiques africaines aujourd’hui, c’est garantir l’émergence de solutions adaptées demain ».

Alors que les campus congolais modernisent leurs laboratoires, l’appel à candidatures 2026-2027 résonne comme une occasion à saisir pour les jeunes chercheuses du pays, invitées à inscrire leur nom dans cette aventure scientifique mondiale et, à terme, à stimuler l’économie du savoir nationale.