Rym Ghachem, pionnière des médecins du Maghreb

Une Tunisienne franchit un plafond de verre régional : pour la première fois, une femme dirige la Fédération maghrébine des médecins. Récit d’une élection qui en dit long sur la place des leaders féminines dans la santé africaine.

Une élection historique au sommet de la médecine maghrébine

Rym Ghachem, présidente du Conseil national de l’Ordre des médecins de Tunisie, vient d’être portée à la tête de la Fédération maghrébine des médecins. Elle devient la première femme à diriger cet organe médical régional.

Le scrutin s’est tenu lors du 8e congrès de la Fédération, organisé du 31 janvier au 1er février 2026. La rencontre a rassemblé des praticiens venus de toute la région, réunis autour d’un même horizon : consolider la coopération sanitaire entre les pays voisins.

Une figure tunisienne au service d’une santé partagée

Au-delà du symbole, cette élection couronne un parcours déjà ancré dans la gouvernance médicale. À la tête de l’Ordre tunisien, Rym Ghachem incarne une génération de dirigeantes qui s’imposent par la compétence dans des espaces longtemps masculins.

Devant les congressistes, elle a rappelé le rythme soutenu de la Fédération. Depuis sa création en 2022, l’instance se réunit environ tous les trois mois. Son ambition : dégager des stratégies communes pour renforcer les systèmes de santé du Maghreb.

La responsabilité médicale, chantier prioritaire

Dans son intervention, la nouvelle présidente a insisté sur un sujet sensible : les cadres juridiques de la responsabilité médicale. Elle plaide pour leur évaluation et leur révision, condition d’une médecine plus sûre et mieux encadrée à l’échelle régionale.

Elle a cité la législation libyenne comme référence pionnière en la matière. Elle a également salué les efforts continus de la Tunisie pour consolider ses propres textes, signe d’une dynamique réformatrice qui dépasse les frontières nationales.

Vers une mobilité harmonisée des soignants

Rym Ghachem a aussi défendu l’unité régionale et une circulation facilitée des professionnels de santé au sein du Maghreb. L’objectif : des conditions de mobilité plus harmonisées, au bénéfice des praticiens comme des patients.

Cette accession au plus haut poste régional résonne bien au-delà des cercles médicaux. Elle confirme que les femmes africaines investissent désormais les fonctions de décision, là où se dessinent les politiques de santé de demain.

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