Une plume féminine pour la parentalité
Le 16 décembre 2024, l’essayiste congolaise Uruch Ibala publiait «Le poids de l’amour» aux Éditions Librinova, maison parisienne fondée par Laure Prételat et Charlotte Allibert. En 123 pages, elle explore la liberté d’être parent sans céder aux diktats d’une perfection illusoire.
L’ouvrage sera présenté dans les prochains jours à Brazzaville, une occasion attendue pour interroger le sens de l’amour filial et la place des femmes dans les dynamiques familiales modernes, au cœur d’une capitale où les débats sociétaux résonnent avec intensité.
Les racines d’un engagement social
Née au Congo-Brazzaville, diplômée d’un master en sciences économiques et gestion, la fondatrice de l’Association Papa Maman et de la Coopérative Femme Engagée conjugue depuis une décennie expertise académique et action de terrain auprès des veuves, des orphelins et des jeunes entrepreneures.
« Mon parcours m’a appris que l’amour est un acte quotidien de construction collective », confie-t-elle dans un entretien accordé à notre rédaction, rappelant que chaque initiative citoyenne puise sa force dans une vision inclusive de la famille et du vivre-ensemble.
Déjouer le mythe du parent parfait
Le livre s’ouvre sur l’image médiatique du « super-parent », ce profil lisse, éternellement disponible, qui hante les réseaux sociaux et les magazines. Ibala décrypte la mécanique de la culpabilité qui pousse mères et pères à confondre amour et performance.
Selon l’éditrice, « les attentes irréalistes imposées par la société génèrent stress et sentiment d’insuffisance ». L’auteure propose alors des rituels simples : écouter l’enfant, s’autoriser l’imperfection, partager la charge affective au sein du couple, autant de gestes libérateurs.
Elle rappelle qu’en Afrique, le parent n’est jamais seul ; tantes, voisins et communautés religieuses constituent une matrice solidaire. « Retrouvons cette sagesse plurielle sans renoncer aux avancées du monde urbain », suggère-t-elle, plaidant pour un modèle hybride, enraciné et ouvert.
Brazzaville se prépare à vibrer
La présentation officielle attendue à Brazzaville réunira pédagogues, associations familiales et jeunes parents influents de la scène numérique congolaise. Dans le décor feutré d’un hôtel du centre-ville, des ateliers permettront d’expérimenter les exercices de respiration et de communication décrits dans l’ouvrage.
Pour la coach de l’Avie-Business Academy, il s’agit moins de lancer un produit littéraire que de tisser une communauté. « Chaque exemplaire vendu devient un engagement à soutenir un foyer vulnérable », précise le comité d’organisation, qui confirme qu’une partie des recettes ira aux veuves du Club Naïn.
Un guide pour réinventer l’amour familial
Au fil des chapitres, l’essai alterne anecdotes personnelles et données de psychologie. Un passage marquant évoque la nuit où l’auteure, jeune mère exilée à Paris, découvre que son fils préfère son accent lingala à une berceuse francophone : révélateur de la puissance identitaire des langues maternelles.
Ce regard introspectif redonne confiance aux parents diasporiques, souvent tiraillés entre plusieurs cultures. L’ouvrage propose de transformer la diversité familiale en capital affectif, plutôt que de la vivre comme une fracture, argument conforté par des études canadiennes récentes sur le bilinguisme précoce.
Des exercices pour passer à l’action
Au-delà de la théorie, «Le poids de l’amour» offre une grille de trente exercices répartis sur six semaines. Ils vont de la planification bienveillante des repas à la micro-sieste reparatrice, en passant par la boîte à compliments, outil simple qui change la chimie familiale dès le premier jour.
Les premiers retours de lectrices congolaises, partagés sur Telegram, saluent un ton « ni moralisateur ni culpabilisant ». L’enseignante Merveille Mbemba estime que l’essai « réconcilie pédagogie occidentale et sagesse bantoue », tandis que l’influenceuse Sœurly Lois voit dans ces pages « une méditation active ».
Diffusion et partenariats littéraires
La jeune maison Librinova mise sur le potentiel international du texte. Une édition anglaise est en cours, tandis que des versions audio en lingala et en kituba sont envisagées pour toucher les publics non-lecteurs, notamment dans les villages du Pool et de la Sangha.
À Brazzaville, plusieurs librairies indépendantes annoncent déjà des vitrines thématiques autour de la santé mentale parentale. Le service culturel de l’ambassade de France s’est associé à la tournée de signatures, signe d’un dialogue littéraire Sud-Nord qui valorise les voix féminines congolaises.
Vers une parentalité empathique
Plus qu’un essai, «Le poids de l’amour» s’impose comme une invitation à repenser collectivement la parentalité sous le prisme de l’empathie. Dans un monde pressé, le message d’Uruch Ibala résonne : aimer ses enfants commence par s’aimer assez pour refuser la tyrannie de l’image.
À l’heure où la République du Congo place l’épanouissement familial au cœur de ses priorités sociales, cette voix de femme rappelle que prospérité rime avec équilibre affectif. Son approche humaniste complète les politiques publiques d’accompagnement, offrant aux parents une boussole intime et résolument optimiste.
Sur les routes du Congo
Après la capitale, une tournée est envisagée à Pointe-Noire, Dolisie et Ouesso, avec des séances de lecture théâtralisée animées par des comédiennes locales. L’objectif est de faire vibrer le texte au rythme des percussions, pour que l’amour parental parle aussi au corps.
Dans chaque salle, un arbre symbolique sera planté, rappelant que l’éducation s’enracine et grandit. Ce geste écologique, cher à l’auteure, conjugue transmission et respect de la terre, et laisse une trace durable du passage du livre dans les communautés visitées.










