Festival Burning 2025 : Paris s’enflamme deux jours

Un week-end incandescent à La Bellevilloise

Les 20 et 21 septembre 2025, la Bellevilloise promet de crépiter. Burning, événement hybride né sous le nom Burning Womxn, revient dans le XXᵉ arrondissement avec un credo simple : allier fête, art et conscience sociale sans perdre une seconde d’énergie.

Féministe, inclusif et résolument afro-centré, le festival se présente comme un laboratoire à ciel ouvert où musiques, performances et débats cohabitent. L’objectif affiché : créer un espace sûr pour les artistes femmes, personnes queer et afrodescendantes, et inviter chacun à danser et penser simultanément.

Une programmation musicale afro et éclectique

Dès le samedi après-midi, les murs vibres sous les basses afrobeat, soul, électro et pop. La chanteuse anglo-congolaise Mysie ouvre la marche avec ses ballades vaporeuses, avant que le duo futuriste Iris2000 ne propulse des nappes électroniques taillées pour le dancefloor.

La nuit, les platines passent entre les mains de DJ Louise Petrouchka, Paloma Colombe puis du collectif Misantropical. Leurs sélections cousent sans couture kuduro, baile funk et techno, transformant la Bellevilloise en cocotte-minute rieuse où chaque drop libère des cris de joie.

Côté live, la productrice franco-sénégalaise Crenoka ou la batteuse turque Güner Künier insufflent un souffle pan-africain, montrant combien la diaspora renouvelle constamment les codes. Pour beaucoup de participant·e·s, c’est la première fois qu’un tel éventail sonore se donne à entendre dans le même lieu.

Art visuel et questionnements identitaires

Loin de se cantonner à la musique, Burning convie une exposition collective où se croisent photographies, installations et œuvres hybrides. Les gestes poétiques de Flore Faucheux répondent aux autoportraits de Camille Gharbi, tandis que les textures numériques de Francesca Hummler flirtent avec les sculptures textiles d’Hélène Mastrandréas.

Chaque salle devient un miroir fragmenté de l’identité noire, féminine ou fluide. Oriane Robaldo, par exemple, superpose archives familiales et réalité virtuelle pour brouiller la frontière entre mémoire intime et mémoire politique, rappelant que l’histoire des diasporas se construit aussi en images mouvantes.

La scénographie, ponctuée de néons roses et de drapeaux panafricains, invite à flâner autant qu’à réfléchir. « Notre corps est politique, même sous les stroboscopes », affirme une curatrice dans un micro talk improvisé, réaffirmant le rôle des arts visuels comme moteurs d’émancipation collective.

Rire, débattre, créer

Entre deux balances, le stand-up d’Amandine Lourdel ou de Luciole de Feu fait trembler la salle. Leur humour égratigne patriarcat, colorisme et micro-racismes, déclenchant rires et applaudissements qui prouvent à quel point le public se reconnaît dans ces punchlines.

Les talks fournissent la dimension réflexive de la fête. Autour de « Contouring the Patriarchy » ou « TransLOVE », universitaires, activistes et individus partagent expériences et recherches. L’assemblée écoute, questionne, parfois contredit, mais toujours dans un esprit constructif, confirmant que célébrer rime ici avec apprendre.

Un espace tatouage, installé à l’étage, pousse la notion d’empreinte plus loin : slogans féministes, symboles adinkra ou simples constellations s’encrent sur les peaux. « Chaque motif raconte une étape de mon chemin », confie une festivalière, t-shirt pailleté sur les épaules encore rougies.

Marché créatif afro-queer

Au rez-de-chaussée, les stands regorgent de tissus wax revisités, bijoux recyclés et zines auto-édités. Jeunes marques, micro-éditeurs et collectifs militants occupent le même terrain, échangeant idées, cartes de visite et générosité. On achète une robe upcyclée autant pour la coupe que pour la cause qu’elle soutient.

L’inclusion se mesure aussi à l’accessibilité : billetterie à prix doux, gratuités ciblées, ainsi qu’une signalétique multilingue pensée pour accueillir la diaspora anglophone ou lusophone. Les organisatrices espèrent ainsi ouvrir la porte à des publics qui peinent souvent à se sentir chez eux dans la nuit parisienne.

Fête et manifeste

En sortant aux premières lueurs, on ressent un mélange de fatigue heureuse et de lucidité. Burning aura rappelé qu’une danse peut contenir un discours, qu’un beat peut faire vibrer une revendication, et qu’un club peut devenir agora lorsque la programmation se donne pour mission de redistribuer la lumière.

Déjà, les festivaliers promettent de revenir. Tandis que les scènes afro et queer s’affirment en France, Burning se positionne comme plate-forme bienveillante, capable d’amplifier ces voix tout en préservant l’esprit de fête qui les rassemble.

Informations pratiques festival Burning

Le rendez-vous commence samedi à 13 h et se termine à l’aube de dimanche, avant de reprendre plus calmement l’après-midi. Les billets early bird s’affichent dès quatorze euros, un tarif pensé pour démocratiser l’accès sans sacrifier la juste rémunération des équipes techniques et artistiques.

La Bellevilloise, 19 rue Boyer, se rejoint par les métros Gambetta ou Ménilmontant et les bus 26 et 96. Les organisatrices encouragent les transports en commun pour limiter l’empreinte carbone, preuve que l’écologie figure parmi leurs engagements.

Pour suivre les dernières annonces, l’Instagram @burning.collectif distille teasers vidéo et portraits d’artistes. La billetterie en ligne centralise aussi les formulaires d’accréditation presse et les demandes d’accessibilité spécifique, preuve supplémentaire de la volonté de l’équipe de choyer chaque visiteur avant même qu’il ne franchisse les portes.