ÉCLIPSE: la collection qui illumine 2025

Rituels créatifs d’Hélène Daba

Dans l’atelier baigné de lumière de Sisters of Afrika, la créatrice sénégalaise Hélène Daba entame chaque collection par un rituel silencieux. Elle ferme les yeux, palpe les étoffes brutes et convoque les images de son village niché entre les baobabs et l’Atlantique.

Ce dialogue intime avec la matière nourrit ÉCLIPSE, sa nouvelle proposition couture. « Je laisse le tissu me parler avant toute esquisse », confie-t-elle, souriante derrière son métier à tisser. Ce préambule sensoriel place la mémoire familiale au cœur d’une ambition résolument contemporaine.

Teinture artisanale et cire d’abeille

Pour transformer le lin et le coton, l’équipe privilégie des bains de teinture végétale composés de feuilles d’indigo, d’écorce de manguier et de poudre d’ibiscus. Chaque couleur est le résultat d’une alchimie minutieuse, surveillée comme on veille un plat hérité des ancêtres.

La technique du batik à la cire d’abeille signe ensuite les motifs audacieux. Des mains expertes tracent des arabesques avant que la cire ne protège certaines zones du pigment. Le résultat rappelle les faïences peules, oscillant entre constellations abstraites et symboles identitaires.

« Ces dessins sont mes griots silencieux », explique la créatrice. Selon elle, chaque trace de cire raconte une légende wolof ou soninké apprise au crépuscule. Le tissu devient donc un parchemin portable, prêt à voyager de Dakar aux podiums new-yorkais sans perdre son âme.

Pièces phares de la collection ÉCLIPSE

Au centre d’ÉCLIPSE, la robe DiaDia se déploie telle une corolle. Son monogramme A d’Afrika, dessiné à la cire chaude, scintille sur un fond d’indigo profond. Pensée pour être portée avec des sandales minimalistes ou des escarpins, elle incarne l’adaptabilité revendiquée par la marque.

Autre statement, le Bubu Futa emprunte l’ampleur traditionnelle du grand boubou tout en affichant l’inscription OF AFRIKA, sérigraphiée à la main sur un lin aérien. Les fentes latérales et les épaules structurées confèrent à la silhouette une prestance à la fois nomade et citadine.

La Joly Dress, entièrement coupée dans un coton plissé ivoire, témoigne d’une sobriété raffinée. Sa taille légèrement empire et son décolleté carré flattent toutes les morphologies, tandis que le jeu de plis dynamise la marche. « Elle épouse le corps comme un souffle », sourit Hélène.

Pour les amoureuses de fluidité, la ligne Digne décline robe et jumpsuit en lin tie and dye safran. Le tissu, souple, ondule à chaque pas, rappelant le rythme doux des marées de la Petite-Côte. Le résultat, solaire, invite à danser jusqu’à l’aube.

Entre héritage et modernité vestimentaire

Si ÉCLIPSE fait la part belle aux coupes contemporaines, elle s’appuie sur un savoir-faire hérité. Hélène Daba a en effet appris à teindre auprès de sa grand-mère, puis s’est formée au stylisme à Paris. Cette double école nourrit une approche alternant rigueur académique et spontanéité africaine.

Dans les ateliers de Dakar, quinze artisans, majoritairement des femmes, travaillent main dans la main. L’entreprise assure des formations continues en coupe et finition, mais aussi en gestion des déchets. Les eaux de rinçage sont filtrées via un système de plantes locales, limitant l’impact environnemental.

Le ministère sénégalais de la Culture a salué ce modèle vertueux lors de la Dakar Fashion Week 2024. « Sisters of Afrika prouve qu’une mode d’exportation peut rester profondément enracinée et durable », a déclaré la commissaire Khady Diallo, soulignant la capacité de la marque à générer des emplois qualifiés.

Où découvrir ÉCLIPSE

La sortie commerciale d’ÉCLIPSE s’effectue en deux temps. Les boutiques phares de Dakar et d’Abidjan dévoilent actuellement les pièces dans des mises en scène inspirées des éclipses solaires, jeux d’ombre et de lumière animés par des musiciens kora les week-ends.

Pour le reste du monde, la plateforme e-commerce sistersofafrika.com propose l’ensemble du vestiaire, livraison express et packaging biodégradable compris. Les premières commandes venues de Johannesburg, Paris et São Paulo confirment l’attrait international d’une collection qui conjugue conscience environnementale et esthétique cosmopolite.

Femmes et empowerment par le textile

Au-delà des étoffes, ÉCLIPSE raconte surtout la puissance des récits féminins africains. En réinterprétant le costume de tous les jours, la marque rappelle que la mode n’est pas un simple ornement mais un média culturel capable de transmettre langue, histoire et solidarité.

« Porter ÉCLIPSE, c’est affirmer sa singularité et célébrer celles qui nous ont précédées », résume la styliste. Qu’elle s’affiche sur les pavés de Brazzaville, dans les couloirs d’un aéroport européen ou au bord du fleuve Congo, la collection garde intact le battement du continent.

Perspectives internationales pour 2025

Sisters of Afrika prépare déjà une tournée pop-up sur cinq capitales africaines en 2025, dont Brazzaville et Luanda. L’objectif est de créer des ateliers participatifs où clientes et artisans dialoguent autour des teintes naturelles, renforçant ainsi le lien direct entre créateur et porteur.

En parallèle, la maison négocie un partenariat avec un laboratoire textile français pour développer une fibre issue de feuilles de bananier, plus résistante que le coton et entièrement compostable. Une innovation qui pourrait propulser encore davantage l’esthétique durable d’ÉCLIPSE sur la scène globale.