Sahara : Rabat scelle l’autonomie à l’ONU

Devant le Comité des 24 réuni à New York, l’ambassadeur permanent du Maroc aux Nations unies a posé une parole nette. Omar Hilale a saisi la session ordinaire pour réaffirmer la position de Rabat sur les provinces du Sud, avec une assurance étudiée.

Son intention était limpide : présenter la résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025, comme l’aboutissement d’un long bras de fer diplomatique. Le diplomate y voit moins une étape qu’une issue.

La résolution 2797 érigée en verdict politique

Pour Hilale, ce texte du Conseil de sécurité fait du plan d’autonomie marocain, sous souveraineté marocaine, « la base exclusive d’un règlement final ». La formule, pesée, ferme la porte aux scénarios alternatifs.

Le représentant marocain a tenu à inscrire cette lecture dans le marbre des institutions onusiennes. Il s’agissait, pour lui, de transformer une décision juridique en référence politique durable, opposable à tous les acteurs du dossier.

Une contestation frontale du mandat du C24

Hilale n’a pas ménagé l’instance qui l’écoutait. Selon lui, le Comité des 24 agit hors de son autorité légale au regard de l’article 12 de la Charte des Nations unies, qui encadre la répartition des compétences.

Son argument tient en une date : 1991. Depuis cette année, a-t-il soutenu, le Conseil de sécurité détient la seule juridiction sur ce dossier. Le diplomate a également affirmé que l’option d’un référendum avait été « irréversiblement abandonnée ».

Quatre acteurs, a-t-il rappelé, partagent la responsabilité du processus : le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario. Une manière de redistribuer les rôles autour de la table.

Le développement des provinces du Sud comme argument

Au registre juridique, Hilale a ajouté la démonstration par les chiffres. Plus de 87 milliards de dirhams auraient été investis dans les provinces du Sud, transformant la région en vitrine d’un volontarisme économique assumé.

Cette grammaire du développement n’est pas neutre. Elle vise un lectorat international attentif aux dynamiques territoriales, aux infrastructures et à la promesse d’une croissance ancrée localement. L’argument économique vient soutenir l’argument politique.

Le diplomate a aussi mis en avant le soutien de plus de 130 États membres des Nations unies au plan d’autonomie. À ce socle diplomatique s’ajoute la présence de plus de 30 consulats étrangers ouverts dans la région.

Des négociations qui avancent par étapes

Au-delà de la rhétorique, Hilale a esquissé un calendrier. Trois rounds de négociations se sont déjà tenus, signe d’un dialogue qui, malgré les tensions, ne s’est pas interrompu.

Les parties ont reçu le projet d’autonomie détaillé proposé par le Maroc. Elles se sont engagées à transmettre des réponses écrites, étape qui pourrait, dans les mois à venir, mesurer la portée réelle de cette dynamique.

Une parole adressée au monde

L’exercice new-yorkais dépasse la seule enceinte du C24. En choisissant ce cadre, le représentant marocain s’adresse aussi aux opinions, aux chancelleries et aux acteurs de la société civile qui suivent ce dossier de longue date.

Le ton, mesuré mais déterminé, traduit une stratégie d’influence patiente. Rabat entend faire de la résolution 2797 un point de référence, autour duquel s’organiserait désormais l’ensemble de la discussion.

Reste que les positions des autres parties n’ont pas été exposées dans cette intervention. Les réponses écrites attendues diront si ce récit de clôture est partagé, ou s’il demeure, pour l’heure, une lecture marocaine de l’avenir du Sahara.

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