Sahara : la dernière mise en garde de l’ONU au Polisario

Un déplacement attendu, une parole pesée. Ce week-end, l’envoyé personnel de l’ONU pour le Sahara, Staffan de Mistura, doit se rendre aux camps de Tindouf. Sa mission : adresser un dernier avertissement aux dirigeants du Polisario.

Le message est sans détour. De Mistura appelle le groupe séparatiste à se conformer à la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce texte endosse le plan d’autonomie placé sous souveraineté marocaine.

Un avertissement après les tirs de roquette sur Samara

Cette visite n’arrive pas dans le vide. Elle fait suite aux attaques à la roquette menées par des militants du Polisario contre la ville saharienne marocaine de Samara. Un épisode qui a ravivé les tensions dans une région déjà fragile.

La réaction internationale a été ferme. L’ONU, la MINURSO et la communauté internationale ont condamné ces attaques. Toutes y voient une menace pour la stabilité régionale et pour les avancées laborieusement obtenues vers la paix.

Le constat partagé est désormais clair. Un conflit vieux d’un demi-siècle ne peut indéfiniment se prolonger. Derrière les manœuvres diplomatiques, c’est l’avenir de populations entières qui se joue, des familles aux femmes qui vivent ces camps au quotidien.

La résolution 2797, nouvelle boussole diplomatique

Adoptée fin octobre 2025, la résolution 2797 marque un tournant. Le Conseil de sécurité y appelle les quatre parties au conflit à s’asseoir autour de la table. Une exigence formulée sans conditions préalables.

Ces quatre acteurs sont nommément désignés : l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et le Polisario. Le texte invite chacun à engager des discussions construites sur une base précise, celle de la Proposition d’autonomie présentée par le Maroc.

L’objectif affiché reste politique. Il s’agit de parvenir à une solution finale et mutuellement acceptable. Une formule diplomatique qui laisse une marge de négociation, tout en fixant un cap désormais difficile à contourner.

Un processus onusien sous étroite surveillance

Le travail de coulisses se poursuit depuis plusieurs mois. Lors de ses réunions d’avril, le Conseil de sécurité a reçu des briefings à huis clos. Deux voix se sont fait entendre : celle d’Alexander Ivanko, chef de la MINURSO, et celle de Staffan de Mistura.

Les deux responsables ont rendu compte de l’état du processus politique conduit sous l’égide de l’ONU. Leurs analyses nourrissent les décisions d’un Conseil attentif à ne pas laisser le dossier s’enliser à nouveau.

De Mistura, lui, avait choisi des mots porteurs d’espoir. Il évoquait alors « un véritable élan et une chance réelle de résoudre ce conflit de longue date » (North Africa Post). Une déclaration qui tranchait avec les décennies d’immobilisme.

Tindouf, théâtre d’un moment décisif

Le choix de Tindouf n’est pas anodin. C’est dans ces camps que se concentre une part essentielle de la population concernée par le conflit. S’y rendre, c’est porter le message au plus près de ceux qu’il engage.

L’avertissement de l’émissaire onusien sonne comme un test. Le Polisario est placé devant ses responsabilités, sommé de choisir entre la voie de la confrontation et celle d’un dialogue encadré par le droit international.

Pour les sociétés sahariennes, et singulièrement pour les femmes qui maintiennent le quotidien dans l’attente d’une issue, l’enjeu dépasse la géopolitique. Il touche à la possibilité d’un avenir stable, d’une vie reconstruite hors de la logique du conflit.

L’issue de cette visite reste suspendue. Mais le ton employé, l’insistance sur la résolution 2797 et la fermeté de la communauté internationale dessinent un cadre nouveau. La fenêtre diplomatique paraît, cette fois, assortie d’une échéance.

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