Valentino est mort à Rome : l’annonce officielle
Le styliste italien Valentino Garavani est décédé lundi 19 janvier, à l’âge de 93 ans, dans sa résidence romaine. L’information a été rendue publique par la Fondation Valentino Garavani et par Giancarlo Giammetti, partenaire historique du créateur.
« Il s’est éteint paisiblement dans sa résidence romaine, entouré de l’affection de ses proches », indique leur communiqué. Une phrase sobre, à l’image d’une maison dont la signature, depuis des décennies, s’écrit dans la grâce plutôt que dans le bruit.
Mode et Sape : un lien d’élégance africaine
Au-delà des podiums, la disparition de Valentino résonne aussi dans l’univers de la Sape, cette culture de l’allure et du raffinement. Le texte d’annonce le présente comme l’un des « grand-prêtres » admirés par des musiciens tels Papa Wemba ou Rapha Boundzéki.
Dans cet imaginaire, Valentino symbolise une élégance maîtrisée, presque cérémonielle. Son nom circule comme une référence, un repère de style, pour celles et ceux qui pensent le vêtement comme langage social, art de vivre et affirmation de soi.
De Voghera à Paris : la formation d’un futur maître
Valentino Clemente Ludovico Garavani, connu sous le seul prénom de Valentino, est né le 11 mai 1932 à Voghera, dans la province de Pavie. Sa passion pour la mode est encouragée par ses parents, Mauro Garavani et Teresa de Biaggi.
Il étudie la mode et le français, puis choisit Paris, ville qui influence durablement l’industrie. Dans la capitale française, il apprend auprès de Jean Dessès et de Guy Laroche, deux écoles de rigueur, de coupe et de silhouette.
Retour en Italie : Rome comme atelier de légende
Après Paris, Valentino retourne en Italie pour compléter son expérience auprès d’Emilio Schuberth et de Vincenzo Ferdinandi. Ce va-et-vient entre deux capitales de style façonne une couture où l’exigence technique se marie à une sensualité très romaine.
En 1957, il fonde la maison de couture Valentino. Quelques années plus tard, il ouvre son premier atelier Via Condotti, à Rome. Une adresse qui ancre la marque dans une géographie du luxe, au cœur de la ville.
Giancarlo Giammetti : le duo qui a fait une maison
La rencontre avec Giancarlo Giammetti, alors étudiant en architecture, survient en 1960 dans un café de la capitale italienne. Le récit est devenu l’un des chapitres fondateurs de la maison, tant leur alliance va structurer l’aventure Valentino.
Leur relation, faite d’amitié et de collaboration, durera toute une vie. Dans une industrie souvent marquée par l’éphémère, ce tandem a incarné une continuité rare, associant création, stratégie et une vision patiente du prestige.
Le “rouge Valentino” et l’art de la signature
Valentino est aussi crédité de la création d’une nuance de rouge devenue emblématique. Cette couleur, plus qu’un choix esthétique, s’est imposée comme un symbole : reconnaissance immédiate, empreinte émotionnelle, et promesse d’une allure spectaculaire sans excès.
Dans l’histoire de la mode, peu de créateurs parviennent à inscrire un détail au rang de mythe. Ce rouge participe de cette exception, comme un fil conducteur reliant les collections, les époques et les images qui restent.
Les femmes habillées par Valentino : un panthéon du style
Au fil de sa carrière, Valentino habille des femmes parmi les plus célèbres au monde. Les noms cités racontent une époque et une idée du glamour : Jacqueline Bouvier Kennedy Onassis, Elizabeth Taylor, Sharon Stone, Linda Evangelista.
À travers elles, on lit l’influence d’une couture pensée pour magnifier sans écraser, souligner sans déguiser. Un savoir-faire qui, pour beaucoup, a défini une certaine idée du chic international, entre tradition et modernité.
Transmission, groupe Valentino et fondation : les étapes clés
Valentino Garavani quitte la direction de sa maison en 2007. En juillet 2012, la maison Valentino est vendue au groupe qatarien Mayhoola for Investments, marquant une nouvelle phase de développement pour cette griffe devenue mondiale.
En 2023, le groupe Kering acquiert 30 % du capital du groupe Valentino pour 1,7 milliard d’euros. En 2016, Valentino crée avec Giancarlo Giammetti la fondation Valentino, prolongeant l’héritage au-delà des collections.
Une disparition, un héritage : l’élégance reste vivante
Avec la mort de Valentino, la mode perd une figure légendaire, et la Sape, une référence citée avec affection. Les hommages s’attachent à une vision de l’élégance qui relie le vêtement à la dignité, au rêve et à la présence au monde.
Dans les ateliers, dans les garde-robes et dans les imaginaires, son nom continuera de signifier une chose simple et exigeante : le goût du beau, porté avec assurance. Une leçon silencieuse, qui traverse les frontières et les générations.










