Maroc–BAD : le plan emploi qui veut changer la donne

Maroc–BAD : un programme national axé emploi

Le Royaume du Maroc et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont lancé, lundi 26 janvier, un Programme d’appui et de financement de l’entrepreneuriat pour la création d’emplois, baptisé PAFE-Emploi. L’initiative s’inscrit dans les orientations du Nouveau Modèle de Développement.

Derrière cet acronyme, une ambition claire : faire de l’entrepreneuriat un levier central de création d’emplois durables. Le programme mise sur le renforcement des dispositifs publics de soutien aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), considérées comme un maillon stratégique du tissu économique.

Chômage au Maroc : une réponse structurelle annoncée

Le PAFE-Emploi intervient dans un contexte économique décrit comme tendu sur le front du travail. Le taux de chômage est annoncé à 13 %, et il grimpe à près de 30 % chez les jeunes. Dans ce paysage, l’entrepreneuriat est présenté comme une voie de stabilisation.

Selon la présentation du programme, les fragilités du marché du travail restent marquées par des niveaux élevés d’inactivité, de chômage et d’informalité. Ces caractéristiques, indique le cadre de l’initiative, ont été accentuées au cours des dernières années.

TPME : objectifs PIB et emploi formel d’ici 2026

Le programme fixe des objectifs chiffrés qui donnent la mesure de l’engagement. Il ambitionne d’augmenter la contribution des TPME à l’économie nationale en portant leur part dans le PIB de 30 % à 35 % à l’horizon 2026, selon les paramètres annoncés.

La trajectoire vise aussi l’emploi formel : la contribution des TPME à ce segment est attendue à hauteur de 35 %. En toile de fond, un cap de 220 000 emplois à l’horizon 2026 est avancé, comme résultat attendu de la dynamique créée.

Trois axes du PAFE-Emploi : accompagnement et financement

Le PAFE-Emploi s’articule autour de trois axes stratégiques complémentaires. Le premier porte sur le renforcement de l’accompagnement technique des entrepreneurs, avec l’idée de consolider les compétences et la structuration des projets dès les premières étapes.

Le deuxième axe vise l’appui au financement d’un entrepreneuriat inclusif, avec une attention portée à l’impact sur l’emploi formel. Le troisième concerne l’amélioration de la coordination, du suivi et des innovations opérationnelles, afin de rendre l’action publique plus lisible et plus efficace.

Financement des TPME : une montée en charge progressive

Dans le détail, le programme prévoit d’élargir la couverture annuelle des TPME financées. L’objectif annoncé est de passer de 45 000 TPME financées en 2024 à 50 000 en 2026, en s’appuyant sur les dispositifs existants renforcés par le cadre PAFE-Emploi.

Cette montée en charge est présentée comme un marqueur concret, car elle touche au nerf de la guerre pour beaucoup d’entreprises : l’accès aux ressources financières. Le programme entend ainsi soutenir des trajectoires de croissance plus stables et davantage créatrices d’emplois formels.

Jeunes, femmes, rural : une approche inclusive affichée

Le PAFE-Emploi couvre l’ensemble des douze régions du Maroc et revendique une approche inclusive. Les cibles prioritaires sont clairement identifiées : les jeunes, les femmes et les populations rurales, avec une volonté de réduire les écarts d’accès à l’accompagnement et au financement.

Les bénéficiaires directs incluent les porteurs de projets de création d’entreprises, mais aussi les TPME déjà existantes. Le dispositif englobe également les auto-entrepreneurs issus du secteur informel, signe d’une volonté d’élargir le cercle des acteurs soutenus vers une activité plus structurée.

Entrepreneuriat féminin : l’appui de l’initiative AFAWA

Une attention particulière est accordée à l’entrepreneuriat féminin, un volet présenté comme un accélérateur social autant qu’économique. Dans ce cadre, l’initiative Afawa de la BAD est mobilisée pour favoriser l’accès des femmes entrepreneures à l’accompagnement et au financement.

L’objectif mentionné est de permettre à 8 000 femmes entrepreneures de bénéficier de ces solutions d’ici 2026. Pour les promotrices de projets comme pour les dirigeantes de TPME, l’enjeu est de passer d’une activité souvent fragile à une entreprise plus robuste, mieux bancarisée et plus créatrice d’emplois.

Inclusion économique : un vivier entrepreneurial à structurer

Le programme se place aussi dans la dynamique nationale d’inclusion économique et sociale. Il annonce un soutien ciblé aux jeunes et aux entrepreneurs ruraux, en reconnaissant l’existence d’un vivier entrepreneurial important, à la fois déjà actif et encore en gestation.

Selon les éléments communiqués, les entrepreneurs établis représentent 9 % de la population adulte, tandis que les entrepreneurs potentiels sont estimés à 16 %. Le PAFE-Emploi entend transformer cette énergie en projets viables, mieux accompagnés et davantage connectés à l’emploi formel.

PAFE-Emploi : une promesse de méthode et de résultats

Porté par le gouvernement marocain avec l’appui de la BAD, le PAFE-Emploi se présente comme une réponse structurée à des défis connus, en combinant accompagnement, financement et pilotage renforcé. Le choix d’une couverture nationale vise à éviter une croissance à deux vitesses.

À l’horizon 2026, les cibles affichées—hausse du poids des TPME dans le PIB, progression de l’emploi formel et création de 220 000 emplois—serviront de boussole. Pour de nombreux porteurs de projets, la réussite se mesurera aussi à la simplicité d’accès et à la qualité du suivi.