Manioc cru à Pointe-Noire: l’alerte santé à lire

Pointe-Noire: alerte santé sur le manioc cru

À Pointe-Noire, la consommation excessive de tubercules de manioc crus peut perturber les nerfs et exposer à des troubles neurologiques, ainsi qu’à des goitres, selon la diététicienne nutritionniste et experte en santé publique Pakithe Sossah.

Dans une interview exclusive accordée à l’Agence congolaise d’information (ACI), l’experte a insisté sur un point central: cette pratique n’est pas recommandée et peut s’avérer dangereuse pour la santé, même si elle reste observée par certaines habitudes alimentaires.

Le risque évoqué: une enzyme liée à l’écorce

Mme Pakithe Sossah appelle à la prudence, en expliquant que l’on trouverait souvent, au niveau de l’écorce, une enzyme qu’elle nomme « Inamafe ». D’après ses propos, cette enzyme libère du cyanure, décrit comme une substance toxique.

« Il faut faire attention à la consommation de ces tubercules, car on y trouve souvent au niveau de l’écorce, une enzyme “Inamafe”, qui libère le cyanure composé d’une substance toxique perturbant le fonctionnement des nerfs, et provoquant des troubles neurologiques et le goitre », a-t-elle déclaré (ACI).

Cuisson et trempage: des gestes simples, un enjeu vital

Pour la spécialiste, l’idéal est de cuire les tubercules, qu’ils soient dits doux ou amers. Le message se veut pratique: la chaleur et les étapes de préparation participent à réduire les risques associés à la consommation de manioc cru.

Elle rappelle une méthode courante en milieu rural, présentée comme un savoir-faire de prévention: les tubercules sont d’abord trempés dans l’eau pendant trois ou quatre jours, puis bouillis, dans le but d’éliminer l’enzyme évoquée.

À travers cet exemple, l’experte souligne une réalité souvent sous-estimée: en matière d’alimentation, la sécurité se joue autant dans le choix des produits que dans les gestes quotidiens, transmis à la maison, au marché et au village.

Manioc bien cuit: apports nutritionnels et équilibre alimentaire

Mme Pakithe Sossah précise qu’un manioc bien cuit peut apporter des nutriments à l’organisme. Elle cite notamment des vitamines C et B, ainsi que des minéraux comme le magnésium, le potassium, le zinc et le fer, en invitant à rester attentif aux équilibres.

L’experte recommande aussi de varier l’accompagnement des repas, afin d’éviter une alimentation trop centrée sur un seul produit. Son approche rappelle que la qualité nutritionnelle se construit dans l’ensemble du menu, et pas uniquement dans un aliment.

« Il y a des minéraux qui ne se trouvent pas dans les maniocs, mais dans le pain, le riz… Chaque aliment a son rôle mais tout excès nuit », a-t-elle poursuivi, appelant à une consommation mesurée et diversifiée (ACI).

Préparation du manioc: le savoir-faire des transformatrices

Sur la question de la préparation, Mme Anaëlle Bikouri, qui dit exercer cette activité depuis son jeune âge, a condamné les pratiques qui ne respectent pas les étapes. Son témoignage met en avant l’importance du respect des gestes, de la patience et du temps de préparation.

Dans un contexte où les rythmes de vie peuvent pousser à aller plus vite, son intervention rappelle qu’accélérer certaines étapes peut exposer inutilement les ménages, notamment les plus jeunes, à des risques évitables liés aux tubercules mal préparés (ACI).

Prévention à Pointe-Noire: informer sans inquiéter

En relayant cette mise en garde, l’ACI donne de la visibilité à un enjeu de santé publique concret: mieux informer sur les dangers potentiels du manioc cru, tout en valorisant les méthodes de préparation éprouvées et accessibles.

Le message des intervenantes converge vers une idée simple: préserver les habitudes culinaires, oui, mais en renforçant les bons réflexes. Trempage, cuisson et variété alimentaire restent, selon elles, des repères clés pour consommer le manioc avec davantage de sécurité.