Brazzaville applaudit un parrain d’exception
Cotonou se prépare à accueillir du 9 au 11 octobre la troisième édition du Festival international du livre et des arts assimilés du Bénin. Au cœur de l’effervescence, le député congolais Ferréol Gassackys endosse le rôle de parrain, symbole d’un pont fraternel entre Congo-Brazzaville et Bénin.
La nomination de ce fervent défenseur des lettres africaines a été annoncée par le comité d’organisation du Filab. « C’est un honneur de servir la cause du livre hors de nos frontières », confie-t-il, soulignant l’importance de la coopération culturelle africaine.
Ferréol Gassackys, plume et diplomatie
À l’Assemblée nationale congolaise, il siège à la commission des affaires étrangères. Dans ses carnets, il alterne vers libres et analyses sociales. Commissaire général du Festival panafricain de musique entre 2003 et 2005, il pratique l’art comme d’autres pratiquent la diplomatie : avec finesse et persévérance.
Son œuvre, dense et variée, s’est enrichie ces dernières années de romans tels que « Le truand et l’autre » et « L’ombre du désespoir », parus en 2024, avant de livrer « Pachelbel ce génie méconnu » en 2025. Chaque titre explore l’âme humaine tout en ouvrant une fenêtre sur la société congolaise contemporaine.
Le Filab 2025, carrefour créatif
Gratuit et ouvert à tous, le Filab ambitionne de réunir plus de six mille visiteurs et environ trois cents participants venus d’Afrique et d’ailleurs. Entre stands animés, lectures publiques et musiques urbaines, le festival compose une mosaïque d’expressions artistiques où se croisent étoiles montantes et plumes consacrées.
Cette plate-forme se veut aussi économique et touristique : elle attire éditeurs, galeristes, investisseurs et voyageurs curieux. Les organisateurs rappellent que l’événement sert de « cadre idéal pour raffermir les liens d’amitié et de fraternité entre les peuples », objectif fidèle à l’esprit de la diplomatie culturelle.
Industrie culturelle et révolution numérique
Le thème retenu, « L’industrie culturelle à l’ère du numérique », interroge les mutations accélérées par la connexion permanente. Comment un poème circule-t-il sur TikTok ? Quelle valeur pour un roman audio écouté depuis Dakar ? Autant de questions qui nourriront conférences et tables rondes.
Participants et experts analyseront les normes, valeurs et comportements qui émergent en ligne. Pour Ferréol Gassackys, « le numérique n’est pas seulement un outil de diffusion ; c’est un langage qui encourage l’innovation tout en rappelant l’importance de préserver nos identités ».
Jeunesse et citoyenneté par la culture
Les organisateurs veulent sensibiliser les jeunes aux valeurs citoyennes et à l’engagement durable. Ateliers d’écriture, concours en langues béninoises et séances de mentoring sont déjà programmés. La directrice artistique souligne que « la jeunesse mérite un espace où créer rime avec responsabilité ».
En offrant la parole à des lycéennes bloggeuses ou à de jeunes dessinateurs, le Filab entend élargir les horizons professionnels. Les visiteurs découvriront comment transformer une passion créative en compétence utile sur un marché du travail en quête de profils polyvalents et numériques.
Des retombées qui dépassent le livre
Au-delà des pages tournées, l’impact escompté concerne l’économie locale. Hôtellerie, restauration et artisanat bénéficient déjà de réservations anticipées. Les autorités béninoises voient dans le festival « un levier de développement solidaire », capable de stimuler emploi et attractivité touristique.
Le rapprochement entre créateurs congolais et béninois pourrait favoriser de futures coproductions, qu’il s’agisse de recueils bilingues ou de résidences d’écriture partagées. Ferréol Gassackys envisage d’ailleurs une anthologie regroupant voix émergentes des deux rives, « pour affirmer qu’en Afrique les imaginaires voyagent sans visa ».
Une scène africaine vivace et plurielle
Les vingt activités thématiques prévues, des dédicaces aux expositions-ventes, illustrent la vitalité d’une scène littéraire affranchie des clichés. Romans de science-fiction, fanzines féministes, contes graphés ou essais environnementaux : la programmation reflète une Afrique qui écrit ses propres récits, en plusieurs langues et formats.
Le Filab confirme ainsi la place centrale des festivals dans la chaîne du livre. Ils offrent aux auteurs visibilité, lectorat et réseaux, tout en stimulant les éditeurs locaux. Cette mécanique vertueuse renforce un écosystème culturel essentiel au développement durable du continent.
Regards tournés vers octobre
À quelques mois de l’ouverture, les réseaux sociaux bruissent déjà d’annonces. Les inscriptions aux ateliers se remplissent vite, signe d’une attente forte. « Nous voulons offrir un moment inoubliable et fédérateur », promet le comité organisateur, qui mise sur une logistique millimétrée.
Congo-Brazzaville, par la présence de Ferréol Gassackys, apportera son savoir-faire littéraire et musical. Cette participation illustre la capacité de la diplomatie culturelle à prolonger les échanges politiques dans un registre sensible, où les peuples se parlent d’abord par la beauté des mots.
Au final, le Filab 2025 s’annonce comme un hymne à la créativité africaine, prêt à transformer Cotonou en capitale du livre l’espace de trois jours. Pour le parrain congolais, l’enjeu est clair : « Mettre les lettres au centre des conversations, c’est préparer l’avenir avec intelligence et poésie ».










