Un Noël solidaire à Brazzaville
Les chants d’enfants résonnent entre les allées verdoyantes du parc Zoolandia, ce 20 décembre. Sous un soleil tendre, quatre-vingts orphelins accueillent Père Noël et banquiers, venus transformer la Journée internationale de la solidarité humaine en véritable célébration de tendresse et d’espérance.
Au premier rang, Calixte Médard Tabangoli serre les petites mains avec un sourire attentif. Le directeur général de la Banque postale du Congo a convoyé jouets scintillants, sacs de riz, et volailles fraîches, rappelant que la dignité se nourrit autant d’affection que d’assiettes bien remplies.
« Vous êtes l’avenir de notre pays. Croyez en vous », lance-t-il, sa voix couvrant à peine le bruissement des cartons déballés. Derrière chaque phrase, l’idée que le capital humain précède le capital financier, et que la solidarité rallume, même brièvement, les rêves enfantins.
Cette remise annuelle, programmée à l’orée des fêtes, s’inscrit dans une tradition brazzavilloise où l’entraide tisse un pont entre quartiers populaires et institutions. Le décor de Zoolandia offre au geste un écrin ludique, autorisant une parenthèse d’insouciance face aux réalités parfois rugueuses de l’orphelinat.
La responsabilité sociétale au cœur de la BPC
Au-delà des guichets et des cartes de débit, la BPC construit depuis plusieurs années une démarche de responsabilité sociétale articulée autour de l’inclusion financière, de l’éducation et de la protection de l’enfance. L’opération de Noël apparaît comme la vitrine visible d’un programme plus structurant.
La banque consacre, selon ses chiffres internes, un pourcentage croissant de son résultat net aux projets sociaux. Sur l’exercice 2024, près de 100 millions de francs CFA auraient été orientés vers des bourses scolaires, des cliniques mobiles et des ateliers numériques destinés aux jeunes ruraux.
Pour Calixte Médard Tabangoli, « investir dans la communauté, c’est investir dans la stabilité économique ». Sa réflexion rejoint la feuille de route nationale en faveur du développement durable, laquelle privilégie la croissance inclusive, un thème récurrent des allocutions officielles au Palais du peuple.
En choisissant la date du 20 décembre, la BPC associe son geste à l’agenda onusien, rappelant que la solidarité représente un indicateur mesurable dans les matrices ESG suivies par les investisseurs internationaux. Une manière élégante de conjuguer générosité locale et crédibilité globale.
SSCF, l’énergie féminine d’une cause
Face aux flashs des photographes, une silhouette en robe wax pastel attire les regards. Francine Princia Servyce, née Bambi, préside l’association Synergie de soutien des couches fragiles. Son sourire calme contraste avec l’énergie déployée depuis 2019 pour tendre la main aux plus vulnérables.
Sous sa coordination, des kits scolaires voyagent vers Ouesso, la couture s’apprend à Makélékélé, et des malades indigents reçoivent des ordonnances réglées. « Voir un enfant réviser à la lumière plutôt qu’au lampadaire public, voilà ma réussite », confie-t-elle avec une pudeur assumée.
Le partenariat scellé avec la BPC en 2024 garantit à l’association un financement récurrent et une logistique fiable. Des fourgons siglés du colibri SSCF sillonnent désormais la capitale, livrant vivres et livres. Pour la fondatrice, chaque convoi prouve que l’économie et l’empathie peuvent coexister.
Il n’est pas anodin qu’une femme pilote cette dynamique. Dans un environnement où l’entrepreneuriat social reste majoritairement féminin, Francine Princia Servyce inspire des jeunes volontaires, convainc des directeurs d’usines et dialogue avec les autorités locales, démontrant qu’un leadership doux peut produire des impacts mesurables.
Vers une chaîne d’entraide durable
Autour du sapin improvisé, Nadia, douze ans, caresse pour la première fois un ours en peluche. Elle raconte qu’elle souhaite devenir vétérinaire, « pour soigner les animaux du parc ». Ses yeux brillent comme si l’horizon venait de s’élargir d’un coup.
Derrière l’émotion, les professionnels de la protection de l’enfance rappellent que le suivi psychosocial reste crucial. La BPC s’est engagée à financer, en 2025, des sessions de soutien avec des psychologues diplômés, afin que le cadeau matériel soit prolongé par un accompagnement affectif cohérent.
L’initiative trouve un écho favorable auprès des autorités municipales, qui saluent une mobilisation exemplaire du secteur privé. Le maire de Brazzaville, présent discrètement, a souligné l’importance « d’aligner les bonnes volontés » et promis de simplifier les formalités pour les prochaines distributions.
Sur les réseaux, les images de la cérémonie engrangent des milliers de vues, portées par le hashtag #NoëlSolidaireBPC. Entre deux commentaires d’internautes, l’appel de Francine Princia Servyce résonne : « Rejoignez-nous, un seul jouet peut changer un destin ».
Alors que le soleil descend sur la Sangha bleutée, les enfants repartent, bras chargés, cœurs légers. La BPC et la SSCF leur ont offert plus qu’une fête : l’assurance que, même dans l’adversité, le tissu social congolais sait encore broder des fils d’or.
Au siège vitré de la banque, les cadres planchent déjà sur l’édition 2025. Objectif : doubler le nombre de bénéficiaires et lancer un fonds d’épargne dédié aux orphelins majeurs, pour financer leurs premiers pas universitaires. La promesse d’une solidarité qui grandit avec eux.










