Pointe-Noire : ces femmes que le Pacte social écoute

À Pointe-Noire, une parole circule de quartier en quartier, portée par des femmes qui refusent de rester spectatrices. Le Pacte social, longtemps confiné aux discours officiels, descend enfin dans la rue, au plus près de celles qui en seront les artisanes.

Une tournée qui rapproche le pouvoir des femmes

La secrétaire exécutive du Conseil consultatif de la femme, Yennie Clara Mathurine Ossété Mberi Moukietou, a fait étape dans la capitale économique du Congo-Brazzaville. Sa mission : expliquer, écouter, convaincre.

Cette campagne nationale de vulgarisation poursuit un objectif limpide. Faire du Pacte social un texte vivant, compris et approprié par celles qu’il concerne directement, plutôt qu’un accord lointain réservé aux initiés.

Le document scelle un engagement entre les femmes congolaises et le président Denis Sassou N’Guesso. Un pacte qui se veut moral autant que politique, où chacune trouve une place et une responsabilité.

Trois valeurs comme boussole

Devant son auditoire, la responsable a déroulé l’essentiel sans détour. Trois principes structurent l’ensemble de la démarche et lui donnent sa cohérence.

La solidarité d’abord, comme ciment d’une communauté féminine consciente de sa force collective. La responsabilité citoyenne ensuite, qui transforme chaque femme en actrice de son environnement.

La participation active au développement national vient compléter ce triptyque. Loin d’une posture symbolique, elle suppose un engagement concret, mesurable, inscrit dans le quotidien des arrondissements et des foyers.

Ces valeurs ne tombent pas du ciel. Elles répondent à une aspiration ancienne des Congolaises : être considérées non comme des bénéficiaires, mais comme des bâtisseuses du projet collectif.

Quand l’écoute précède la décision

L’une des formules de la secrétaire exécutive a marqué les esprits. « Les politiques publiques les plus efficaces ne se conçoivent pas dans les bureaux », a-t-elle affirmé devant l’assemblée attentive.

Le propos tranche avec une certaine routine administrative. Il place le dialogue de terrain au centre, comme condition première d’une gouvernance qui veut servir réellement les populations féminines.

Cette philosophie repose sur deux exigences indissociables. Le dialogue continu, qui maintient le lien dans la durée, et le respect mutuel, qui garantit une parole équilibrée entre institutions et citoyennes.

En filigrane se dessine une conviction. Aucune réforme destinée aux femmes ne peut réussir sans leur contribution directe, sans cette intelligence du quotidien qu’elles seules détiennent.

Pointe-Noire répond présente

L’accueil réservé à la délégation en dit long sur l’attente du terrain. De nombreuses femmes, venues de tous les arrondissements de la ville, ont pris part à la rencontre.

Cette mobilisation traverse les frontières des quartiers. Elle rassemble des profils divers, unis par un même désir de comprendre le Pacte et d’y trouver leur rôle.

L’affluence traduit une adhésion qui ne se décrète pas. Elle se gagne, rencontre après rencontre, par la qualité de l’échange et la sincérité de l’écoute proposée aux participantes.

À Pointe-Noire, ville portuaire et carrefour économique, cette dynamique prend une résonance particulière. Les femmes y conjuguent souvent activité commerciale, vie familiale et engagement communautaire, autant de terrains où le Pacte peut prendre corps.

Un texte à faire vivre au quotidien

Au-delà des principes, la question de l’application demeure centrale. Vulgariser un accord ne suffit pas s’il ne se traduit pas en gestes concrets, en initiatives portées par les intéressées elles-mêmes.

La tournée de la secrétaire exécutive vise précisément ce passage du discours à l’action. Elle sème, dans chaque ville visitée, les conditions d’une appropriation durable du Pacte social.

Pour les Congolaises, l’enjeu dépasse la simple reconnaissance. Il s’agit d’inscrire leur participation dans les rouages du développement, de faire de leur voix un élément structurant des choix publics.

Cette ambition rejoint un mouvement plus large à l’échelle du continent. Partout en Afrique, des femmes revendiquent une place pleine et entière dans la construction de leur société, sans attendre qu’on la leur concède.

Une étape, un élan

L’escale de Pointe-Noire n’est qu’un jalon d’un parcours plus vaste. Mais elle illustre une méthode, celle d’une vulgarisation patiente, ancrée dans la proximité et le respect des réalités locales.

Le Conseil consultatif de la femme y joue sa crédibilité. En allant au contact, il prouve que les institutions peuvent renouer le fil avec celles qu’elles entendent représenter et servir.

Reste à transformer l’enthousiasme en habitudes. L’adhésion exprimée à Pointe-Noire ne vaudra que si elle se prolonge en engagements concrets, portés collectivement par les femmes de la cité océane.

Le Pacte social trouve ainsi, dans cette tournée, une chance de devenir ce qu’il prétend être : un contrat partagé, vivant, où les Congolaises ne suivent pas le mouvement, mais le conduisent.

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