Dakar : l’UMOA trace l’avenir économique régional

La première session ordinaire de l’année a réuni à Dakar les argentiers de la zone monétaire ouest-africaine. Au siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, le Conseil des ministres de l’Union monétaire ouest-africaine a tranché plusieurs dossiers structurants pour la région.

Une session présidée par le Burkina Faso

Le 27 mars, c’est Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Économie du Burkina Faso, qui a conduit les travaux. Sa présidence place Ouagadougou au cœur d’une rencontre dédiée à la gouvernance financière commune des huit États membres de l’Union.

Le choix du siège de la BCEAO comme lieu de réunion n’a rien d’anodin. Il rappelle la centralité de l’institution d’émission dans l’architecture économique régionale, et la volonté des ministres d’ancrer leurs décisions au plus près de l’organe monétaire.

Les comptes 2025 de la BCEAO approuvés

Premier acte fort de cette session, l’approbation des comptes et résultats financiers 2025 de la Banque centrale. Cette validation, exercice annuel attendu, scelle la confiance des États dans la gestion de l’institution chargée de la monnaie commune.

Au-delà de la formalité comptable, ce feu vert envoie un signal de stabilité aux partenaires et aux marchés. Il atteste que l’organe d’émission a clôturé son exercice dans les règles, sous le regard des autorités budgétaires nationales réunies en conseil.

Mamadou Diop reconduit à la vice-gouvernance

Le Conseil a également renouvelé le mandat de Mamadou Diop comme vice-gouverneur de la BCEAO, sur proposition du Niger. Cette reconduction assure une continuité à la tête de l’institution, à un moment où la région doit composer avec un environnement économique exigeant.

La désignation portée par Niamey illustre le mécanisme de représentation des États dans la gouvernance de la Banque. Chaque pays y trouve sa place, selon un équilibre soigneusement entretenu au sein de l’Union.

Les ministres ont par ailleurs renouvelé les mandats des représentants des États au Comité de stabilité financière de l’UMOA. Cet organe veille à prévenir les risques susceptibles de fragiliser le système financier régional, un enjeu jamais secondaire.

La BOAD trace sa feuille de route

Autre décision majeure, la validation des comptes annuels 2025 de la Banque ouest-africaine de développement. Bras financier du développement régional, la BOAD voit ainsi son exercice écoulé entériné par les autorités de tutelle.

Le Conseil a surtout approuvé le plan stratégique 2026-2030 de l’institution, baptisé « DJOLIBA – la Suite ». Ce document fixe le cap de la banque pour les cinq prochaines années, dans la continuité d’une démarche déjà engagée sous le même nom.

En reprenant la métaphore du fleuve Niger, dont « Djoliba » est l’un des noms, la BOAD inscrit son action dans une image d’écoulement continu. La feuille de route ambitionne de soutenir le financement des projets structurants de la sous-région.

Le secteur privé érigé en priorité

La session de Dakar a enfin consacré une place de choix au secteur privé. Les ministres ont adopté des stratégies pour son développement et pour la promotion du dialogue public-privé au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, sur la période 2025-2030.

Cette orientation traduit une conviction partagée : la croissance régionale ne saurait reposer sur les seuls leviers publics. Associer les entreprises à la définition des politiques économiques devient une condition de l’efficacité des réformes engagées.

Le dialogue public-privé, souvent invoqué, reste un chantier exigeant. Sa formalisation dans une stratégie pluriannuelle marque une volonté de dépasser les intentions pour installer des mécanismes durables de concertation entre États et opérateurs économiques.

Une session aux décisions concentrées

À Dakar, le Conseil a donc combiné gestion courante et vision de moyen terme. La validation des comptes côtoie l’adoption de plans stratégiques, signe d’une gouvernance qui articule contrôle annuel et planification.

Pour les huit États de l’Union, ces décisions dessinent un horizon commun. Stabilité financière, continuité institutionnelle à la BCEAO, cap stratégique de la BOAD et ouverture au secteur privé forment un faisceau cohérent d’orientations.

Reste désormais la mise en œuvre, étape où se joue la portée réelle des annonces. Les stratégies adoptées pour 2025-2030 et le plan « DJOLIBA – la Suite » seront jugés à l’aune des résultats concrets qu’ils produiront sur le terrain régional.

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