La Marsa s’embrase pour Wahib Zannad
La Marsa vibrera dès le 27 septembre 2025, lorsque la galerie Archivart inaugurera « Dans l’intimité de la contemplation », exposition de l’artiste tunisien Wahib Zannad, visible jusqu’au 27 octobre. L’événement promet une immersion sensorielle rare.
Entre les murs blancs de la rue Nelson Mandela, le peintre déploie un expressionnisme mêlant puissance et délicatesse. Ses toiles, traversées de lumière, transforment l’espace en une chorégraphie chromatique où chaque coup de pinceau devient battement de cœur.
Cette carte blanche automnale confirme l’ambition d’Archivart : servir de pont entre créations africaines et scènes internationales, tout en ancrant le regard à Tunis. La directrice artistique salue « la capacité de Zannad à faire dialoguer mémoire et modernité ».
Galerie Archivart, vitrine du Sud créatif
Fondée il y a quelques années, la galerie s’est imposée comme l’une des plus dynamiques de la région. Photographie, installation, vidéo ou peinture : l’espace cultive une programmation exigeante qui révèle la pluralité des sensibilités d’Afrique et du Moyen-Orient.
Le choix de La Marsa, banlieue de Tunis, nourrit une atmosphère ouverte au dialogue. « Nos visiteurs croisent étudiants, collectionneurs et touristes au même moment », explique un membre de l’équipe, rappelant que l’entrée demeure gratuite pour encourager la rencontre.
En accueillant Zannad, la galerie poursuit sa mission de passeur : connecter le Maghreb, le Sahel, le Levant et la diaspora autour d’histoires visuelles partagées. Chaque exposition fonctionne comme une escale, offrant un regard nouveau sans jamais rompre le fil continental.
Le style Wahib Zannad, dialogue de lumière
Loin de la figure du peintre romantique, Wahib Zannad revendique une écriture expressionniste nourrie par les maîtres du XIXᵉ siècle. Sa recherche n’est toutefois pas nostalgique ; elle se fait propulsion, mêlant intensité contemporaine et traces mémorielles subtilement superposées.
Ses tableaux vibrent, car la lumière y est pensée comme matière. Elle sculpte les volumes, ouvre des brèches, révèle l’âme d’un geste. Dans certaines toiles, un jaune solaire tranche une brume cobalt ; ailleurs, des rouges profonds murmurent un souvenir d’enfance.
Le geste pictural devient langage de l’infini, affirme l’artiste. Équilibre des formes, vibration intérieure et harmonie chromatique s’entrelacent pour inviter la contemplation. Le spectateur est convié à ralentir, à laisser la toile respirer, à entendre le battement silencieux des couleurs.
Cette approche a séduit les curateurs d’Archivart, persuadés que « la peinture de Zannad parle autant aux connaisseurs qu’aux néophytes ». Le parcours scénographique guidera le visiteur, offrant respirations olfactives, assises feutrées et textes muraux pour prolonger l’éveil des sens.
Une programmation ancrée dans le bouillonnement africain
Depuis son ouverture, Archivart articule sa ligne curatoriale autour de dialogues Sud-Sud. L’exposition de l’automne 2025 s’inscrit dans une saison déjà marquée par des échanges avec des photographes nigérians et des performeurs soudanais, consolidant un réseau continental foisonnant.
Cette circulation d’œuvres et d’idées renforce l’attractivité culturelle de Tunis. Les collectionneurs internationaux profitent de leur passage pour découvrir la capitale, avant de rejoindre des pôles maghrébins ou subsahariens. Une cartographie artistique fluide est ainsi en train d’émerger.
Pour Zannad, exposer ici revêt une portée symbolique. « Mon travail retourne à sa source tout en se projetant vers d’autres rives », confie-t-il. Une façon de rappeler que la création tunisienne, tout en demeurant locale, nourrit un horizon continental commun.
Préparer sa visite à La Marsa
Le vernissage aura lieu samedi 27 septembre à 17 h pour profiter de la lumière du littoral et de l’effervescence créative. L’exposition restera accessible jusqu’au 27 octobre, du lundi au samedi, de dix heures à dix-neuf heures.
L’adresse, 11 rue Nelson Mandela, se trouve à quelques pas de la plage et des cafés du quartier. Arriver tôt permet de flâner dans les ruelles aux villas blanchies, avant de plonger dans l’intensité colorée des toiles de Zannad.
L’entrée demeure libre, reflet de l’engagement d’Archivart à démocratiser l’art. L’équipe annonce déjà des visites commentées et des ateliers destinés aux écoles voisines, prolongeant la vocation inclusive d’un lieu qui, d’exposition en exposition, écrit la mémoire vibrante du continent.
Pour les lectrices en quête d’élégance, l’exposition offre aussi des pistes stylistiques. Les camaïeux outremer et ocres pourraient inspirer une garde-robe automnale, tandis que la gestuelle libre de l’artiste rappelle l’importance d’assumer une féminité sans convention, ancrée et audacieuse.
En quittant la galerie, un dernier regard sur la Méditerranée prolonge l’expérience. Entre le clapotis des vagues et l’écho des pigments, les visiteuses emportent un sentiment de présence à soi, comme si la lumière de Zannad éclairait désormais leurs propres trajectoires.
Les responsables de la galerie rappellent que l’événement s’inscrit dans le calendrier culturel national, en amont du festival Octobre Musical de Carthage. Les synergies espérées pourraient renforcer l’offre artistique tunisienne à l’échelle régionale.
Ainsi, entre mer et lumière, Wahib Zannad signe une rentrée picturale à ne pas manquer. La Marsa, déjà prisée pour son art de vivre, devient le théâtre d’une poésie colorée qui réaffirme la place centrale de la création africaine dans le récit contemporain.










