Brazzaville : un vote clé pour le CCN-Congo
Réunis le 29 janvier à Brazzaville, les membres du Comité de coordination nationale (CCN) des projets financés par le Fonds mondial au Congo ont renouvelé leurs instances. À l’issue de cette assemblée générale, Esmo Valérie Maba Moukassa, présidente sortante, a été reconduite.
La responsable entame ainsi un nouveau mandat de trois ans à la tête du CCN-Congo, structure de coordination au cœur de la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. La tenue de l’assemblée générale a été annoncée conforme au règlement intérieur du comité.
Fonds mondial : appui salué et bilan nuancé
Après sa réélection, Esmo Valérie Maba Moukassa a mis en avant « le soutien précieux du Fonds mondial », estimant que cet accompagnement a permis d’enregistrer des avancées dans la mise en œuvre des actions du CCN-Congo.
Selon la présidente réélue, ces progrès concernent notamment le renforcement de la réponse nationale face aux trois maladies ciblées, mais aussi face à la pandémie de covid-19, ainsi que des efforts en matière de renforcement du système de santé.
Son propos est resté prudent sur la situation globale. « Malgré quelques avancées, à ce jour on peut dire qu’on n’est pas sortie du bout du tunnel », a-t-elle déclaré, tout en appelant à intensifier le travail collectif autour des priorités sanitaires.
Contrepartie nationale : 4,1 milliards annoncés
Dans son intervention, Esmo Valérie Maba Moukassa a également insisté sur un point de gouvernance financière jugé déterminant : la contrepartie nationale. « L’Etat congolais vient de payer sa contrepartie. C’est ça qui faisait défaut dans notre partenariat avec le Fonds mondial », a-t-elle affirmé.
Elle a précisé le montant engagé : « Nous avons payé 4,1 milliards pour faire face aux besoins des personnes vulnérables de notre pays. » Un message adressé à l’ensemble des parties prenantes, au-delà du CCN.
La présidente réélue a appelé à une vigilance partagée sur l’utilisation des ressources. « C’est maintenant à vous, pas seulement CCN, à tout le monde, que ça soit la communauté, de veiller à ce que tout ce qu’on va mettre à leur disposition soit bien utilisé », a-t-elle ajouté.
Gouvernance sanitaire : un appel au travail collectif
Au-delà des chiffres, le ton a été celui de la mobilisation. « Aujourd’hui, le défi c’est quoi ? c’est qu’aujourd’hui on doit se mettre au travail avec tout le monde », a déclaré Esmo Valérie Maba Moukassa, dans une formule qui résume l’esprit attendu du mandat.
Dans la même séquence, elle a félicité l’ensemble des membres du bureau sortant, soulignant une volonté de continuité institutionnelle. Pour le CCN, cette stabilité est présentée comme un levier pour consolider les actions et maintenir la dynamique des programmes financés.
Cycle 8 du Fonds mondial : priorités de financement au Congo
L’assemblée générale a également permis de rappeler les enjeux prioritaires identifiés pour le prochain cycle de financement, dit GC8. Parmi les axes cités figure la poursuite du plaidoyer pour le respect des engagements de la contrepartie nationale, afin de faciliter la mise en œuvre des subventions.
Autre priorité mentionnée : la documentation « rigoureuse » du processus de sortie de la politique de sauvegarde additionnelle, considérée comme un jalon technique important dans le cadre des relations avec le Fonds mondial.
Les participants ont aussi retenu la revue et/ou l’extension des plans stratégiques nationaux des trois maladies, ainsi que l’organisation du dialogue pays et des ateliers dédiés à l’élaboration de la subvention du cycle 8.
Bureau du CCN-Congo : continuité des responsabilités
Pour mettre en œuvre les objectifs annoncés à la tête du CCN-Congo, Esmo Valérie Maba Moukassa s’appuiera sur un bureau dont certains membres ont été cités à l’issue de la rencontre. Le poste de vice-président revient notamment à Oniangué Eddy Clotaire, selon les informations communiquées.
Au sein du CCN-Congo, ce renouvellement des instances est présenté comme une étape structurante, à la fois administrative et opérationnelle. En filigrane, il traduit l’enjeu de coordination entre partenaires, institutions et communautés, au service des personnes les plus exposées.










