Insertion professionnelle à Brazzaville: une étape clé
À Brazzaville, 516 jeunes arrivent au terme d’un parcours de formation orienté vers des métiers dits porteurs. Ils passent actuellement des évaluations dans des Centres d’éducation, de formation et d’apprentissage (Cefa) ainsi que dans plusieurs ateliers retenus comme sites d’examen.
Cette séquence d’évaluation est présentée comme un moment décisif. Elle doit permettre de vérifier les acquis et de valider, de manière concrète, la capacité des participants à envisager une insertion professionnelle ou un auto-emploi à court terme.
Projet PSIPJ: inclusion productive des jeunes vulnérables
Le dispositif s’inscrit dans le Projet de Protection sociale et d’inclusion productive des jeunes (PSIPJ), soutenu par la Banque mondiale. Le projet cible des jeunes vulnérables, en misant sur la formation qualifiante comme levier d’intégration économique et sociale.
Selon Jean-Bruno Ndilou, responsable des apprentissages au niveau du Maître d’ouvrage délégué (Maud), le volet formation du PSIPJ est mis en œuvre par le ministère de l’Enseignement technique, en collaboration avec le ministère des Affaires sociales. Il précise que cette coordination découle d’une convention entre les deux institutions.
Métiers porteurs: agriculture, coiffure, cuisine, infographie
Dans les salles de cours comme dans les ateliers, les jeunes ont été formés dans plusieurs filières. Jean-Bruno Ndilou cite notamment l’agriculture, la coiffure, la cuisine, l’infographie, l’élevage porcin, le maraîchage, la pâtisserie, la restauration et la transformation des produits alimentaires.
Derrière cette diversité, une même ambition: doter les bénéficiaires de compétences utilisables rapidement, adaptées aux réalités du marché local. Pour plusieurs apprenants, l’enjeu est aussi de transformer un savoir-faire en activité génératrice de revenus.
Durée de formation: 8 mois pour consolider les apprentissages
Initialement programmées sur six mois, les formations ont finalement été prolongées de deux mois. Cette rallonge visait, selon les éléments communiqués, à compenser certaines difficultés rencontrées au démarrage et à laisser davantage de temps aux apprentissages pratiques.
À Brazzaville, les sessions se sont achevées fin décembre 2025. Elles ouvrent maintenant la voie aux évaluations en cours, organisées sur des sites identifiés pour garantir des conditions d’examen comparables entre les différentes filières.
516 jeunes concernés, 397 filles au cœur du programme
Au total, 516 jeunes sont concernés par cette phase d’évaluation à Brazzaville. La répartition communiquée fait état de 397 filles et 119 garçons, un équilibre qui met en lumière la forte présence féminine dans ce cycle de formation.
Les candidats sont répartis dans une dizaine d’ateliers et quatre centres de formation retenus comme centres d’évaluation. Pour plusieurs observateurs, cette mobilisation traduit une demande réelle de formation professionnalisante et de débouchés concrets.
Cefa et ateliers: une formation entre public et privé
Les parcours ont été assurés dans des structures publiques et privées. Les sites cités incluent des Cefa, l’École nationale des Beaux-arts Paul Kamba, dans le premier arrondissement Makélékélé, ainsi que le centre privé Oxygène.
En complément, des ateliers encadrés par des maîtres artisans ont accueilli des apprenants, privilégiant l’apprentissage au plus près du geste métier. Cette articulation entre lieux de formation et espaces de production est pensée pour accélérer la maîtrise des techniques.
Évaluations: contrôle qualité et approche par compétences
Les épreuves ont été élaborées par des inspecteurs du ministère de l’Enseignement technique avec l’appui de l’Unité d’ingénierie de la formation professionnelle. L’objectif est de mesurer l’acquisition réelle des compétences, conformément à l’approche par compétences adoptée par le ministère.
Dans chaque centre, un inspecteur intervient comme chef de jury, assisté d’un professionnel du métier et de formateurs. Dans les ateliers, les maîtres artisans prennent également part à l’évaluation, afin de rapprocher l’examen des exigences du terrain.
Sur le terrain à Makélékélé: résultats jugés encourageants
Lors d’une visite au Cefa des métiers de services et à l’École nationale des Beaux-arts Paul Kamba, dans le premier arrondissement Makélékélé, Jean-Bruno Ndilou a insisté sur l’enjeu de qualité. « Nous sommes dans une logique de contrôle qualité afin de garantir que les jeunes disposent des compétences nécessaires pour s’insérer durablement dans le monde du travail », a-t-il déclaré.
Au centre Case Monnereau, à Makélékélé, l’évaluatrice Mélina Célya Taïbou Maïmouna dit observer des progrès, notamment en coiffure. « Il y a une nette amélioration. Les apprenants ont acquis des connaissances importantes qui pourront leur permettre, demain, de créer leurs propres entreprises », a-t-elle affirmé, tout en appelant à la poursuite du projet.
Autonomisation: des parcours personnels qui se dessinent
Dans les couloirs des centres et à l’ombre des ateliers, l’atmosphère mélange trac et fierté. Pour des bénéficiaires comme Elaïve Loufimpadio et Francine Amour Touarikassa, la formation est décrite comme une seconde chance et une opportunité de gagner en autonomie.
Pour le programme, l’évaluation n’est pas un point final mais un passage. Elle sert à confirmer que les compétences sont au rendez-vous et que l’investissement dans la formation peut se traduire, pour ces jeunes, par une insertion progressive et durable dans la vie active.










