DP World mise sur l’avenir scolaire
Sous le soleil encore doux de décembre, les bus affrétés par la Fondation DP World se sont engagés sur la route rouge de Ndayane, à quarante kilomètres de Dakar. Dans leurs coffres, des centaines de cartables neufs symbolisaient la promesse d’une éducation renforcée.
La cérémonie de remise de kits scolaires, organisée le 8 décembre, a rassemblé autorités administratives, leaders coutumiers, enseignants et parents. Tous venaient mesurer les fruits du programme Les Classes de l’Espoir, fer de lance de l’engagement sociétal affiché par le géant portuaire.
Pour Fatou Mbaye, responsable RSE de DP World Dakar, l’éducation reste « la clé d’un développement inclusif ». Elle rappelle que le futur port de Ndayane ne sera durable que si les communautés voisines profitent, dès aujourd’hui, d’infrastructures scolaires sûres et inspirantes.
Trois écoles rénovées, trois histoires d’espoir
Kholpa, Niangal 1 et Ndayane formaient autrefois un triptyque d’écoles aux murs fissurés, aux fenêtres borgnes. En six mois, le programme a réhabilité salles, blocs sanitaires, clôtures et bibliothèques, redonnant couleur et dignité à des lieux où se construit l’avenir d’environ 1 200 enfants.
Aïssatou Diop, directrice de Niangal 1, se souvient du premier jour de chantier. « Les élèves croyaient voir arriver des maçons. Ils ont découvert des architectes qui leur ont demandé leurs envies. Ce dialogue a transformé l’école en espace qu’ils respectent et protègent », raconte-t-elle, émue.
Chaque établissement a reçu du mobilier neuf, des kits pédagogiques et un potager éducatif. Les directeurs espèrent que ces jardins, entretenus par les élèves, alimenteront bientôt la cantine, tout en enseignant la nutrition durable, priorité nationale saluée par le ministère de l’Éducation.
Des autorités confiantes dans l’effet catalyseur
Sous la bannière verte, jaune et rouge, le sous-préfet de Diamniadio, Abdou Karim Ndiaye, a salué « une symbiose exemplaire entre secteur privé et service public ». Pour lui, la rénovation scolaire anticipe la croissance démographique que le port, annoncé comme le plus grand d’Afrique de l’Ouest, entraînera.
Le maire de Ndayane, Mamadou Seck, voit déjà l’effet d’entraînement sur les familles. Il explique que de nouveaux foyers s’installent, attirés par l’espoir d’un emploi portuaire et d’écoles modernisées. « Sans classes dignes, la commune n’aurait pas su retenir les talents », insiste-t-il.
L’Inspection de l’Éducation et de la Formation de Mbour confirme l’augmentation des inscriptions en première année. Le superviseur académique Samba Ba note une progression de 18 % en deux ans et prévoit de renforcer les effectifs enseignants, grâce notamment aux partenariats signés avec la fondation d’entreprise.
La voix des élèves, moteur d’une communauté
Sur la scène improvisée, Awa, dix ans, a récité un poème célébrant la mer, l’école et « les cahiers qui voguent vers l’avenir ». La foule l’a ovationnée. Pour l’enfant, ce jour restera comme celui où son village est devenu visible bien au-delà des pêcheurs et des filets.
Le théâtre scolaire a mis en scène un navire géant qui ancre et distribue des livres au lieu de conteneurs. Mise en abyme réussie, la pièce a rappelé qu’un port peut être un point de départ intellectuel autant qu’économique, vision applaudie par la sous-préfecture et les enseignants.
Dans la cour, les collégiennes ont testé les tablettes offertes avec les kits. Entre deux selfies, Aminata affirme vouloir devenir ingénieure maritime. « Si le port s’agrandit, je veux participer au dessin des quais », sourit-elle, démontrant l’effet miroir que peuvent produire des infrastructures visibles et accessibles.
Un modèle de partenariat privé-communautés
DP World finance les travaux, mais la gouvernance reste participative. Les comités de quartier décident des couleurs, les parents d’élèves gèrent la maintenance et une coopérative féminine s’occupe de la bibliothèque. Ce maillage social ancre le projet dans le terroir, limitant la défiance parfois associée aux grands projets.
Selon le think tank Initiative Prospective Agricole et Rurale, un dollar investi dans l’éducation primaire au Sénégal génère jusqu’à 15 dollars de revenus futurs. En alignant investissement portuaire et soutien scolaire, DP World anticipe ainsi de meilleures compétences locales, atout stratégique pour attirer des clients internationaux.
La Fondation assure déjà la phase deux : formation numérique des enseignants et construction d’un laboratoire de sciences. Le calendrier, partagé avec l’Inspection académique, prévoit une livraison avant la rentrée prochaine. « Nous voulons offrir des programmes adaptés au siècle digital », souligne Fatou Mbaye.
À Ndayane, la journée s’est achevée par un pas de danse collective autour des nouveaux drapeaux. Tandis que le soleil bas colorait les façades rénovées, les élèves serraient leurs cartables contre eux. L’avenir semble moins abstrait lorsqu’il tient, léger, au creux d’un sac flambant neuf.
Perspectives régionales
Le succès de Ndayane inspire déjà d’autres communes riveraines du projet portuaire. Rufisque, Sindia et Bargny ont sollicité un diagnostic similaire auprès de la Fondation. Le ministère promet d’orienter le Fonds de la diaspora vers ces projets, faisant de l’éducation un marqueur visible des retombées macroéconomiques régionales.
Pour les observateurs, cette dynamique rappelle que les objectifs de développement durable se concrétisent d’abord à l’échelle des salles de classe. Au-delà des chiffres, ce sont des rêves d’enfants, parfois de futures capitaines de navire, qui prennent corps entre un tableau refait et un horizon maritime.










