WaveUP : 500 entrepreneures ivoiriennes vers la réussite

Abidjan célèbre l’audace des femmes entrepreneures

Sous le soleil d’Abidjan, une salle comble a vibré ce 16 octobre 2025 à l’annonce officielle de WaveUP, initiative imaginée par la fintech Wave Mobile Money et l’organisation DigiFemmes Côte d’Ivoire. L’ambition affichée est simple : faire décoller 500 entreprises gérées par des femmes sur l’ensemble du territoire.

Le lancement résonne comme une promesse d’avenir pour celles qui, souvent cantonnées au secteur informel, ambitionnent désormais de rejoindre pleinement l’économie formelle. Dans un paysage entrepreneurial encore marqué par des inégalités d’accès au financement et à la formation, WaveUP s’affirme comme un accélérateur décisif.

Un tandem fintech–tech for good

Wave Mobile Money, déjà reconnue pour ses solutions de paiement accessibles, trouve dans DigiFemmes un allié spécialisé dans la montée en compétences numériques des femmes. « WaveUP permettra aux femmes de structurer leurs projets, de développer leurs entreprises et de digitaliser leurs activités », assure Carlène Kondoh Tano, Directrice des Affaires publiques de Wave Côte d’Ivoire.

Pour Kevin Niangoran, Secrétaire général adjoint de DigiFemmes, le partenariat dépasse la simple formation : « Notre objectif est de faire émerger une nouvelle génération de championnes de l’entrepreneuriat digital ». Les deux organisations conjuguent ainsi expérience technologique et expertise pédagogique.

Une réponse aux défis récurrents

En Côte d’Ivoire, le manque d’accès au crédit et la maîtrise encore limitée des outils numériques freinent l’expansion des très petites entreprises dirigées par des femmes. WaveUP s’attaque directement à ces freins : il propose à la fois un accompagnement technique et un levier financier ciblé.

Les initiateurs insistent : mesurer l’impact concret reste au cœur du dispositif. L’évolution des revenus, la pérennité des structures juridiques et la capacité à adopter des canaux digitaux seront suivies de près, gage d’un impact durable plutôt qu’éphémère.

Un parcours en trois temps

La première étape repose sur un appel à candidatures en ligne. Cinq cents entrepreneures seront recrutées pour suivre, durant un mois, des cours axés sur le leadership, la gestion, l’innovation et l’entrepreneuriat digital. La formation se fera entièrement à distance, rendant le programme accessible même depuis les zones rurales.

À l’issue de ce premier cycle, quinze finalistes seront sélectionnées pour un bootcamp intensif de deux jours. Ce rendez-vous présentiel leur permettra de peaufiner leur business plan, d’affûter leur pitch et de tester la solidité de leur modèle économique devant des experts.

Dernier palier : trois lauréates recevront un accompagnement individualisé de trois mois, ponctué de mentorats stratégiques mensuels. Chacune pourra bénéficier d’un financement allant jusqu’à deux millions de FCFA, débloqué par étapes selon l’atteinte de jalons précis.

Une cible clairement identifiée

Le programme se concentre sur les dirigeantes de très petites et petites entreprises en phase de lancement ou d’expansion. Qu’il s’agisse d’agroalimentaire, de commerce ou d’artisanat, l’essentiel est que l’activité se déroule en Côte d’Ivoire et soit portée par une femme disposant d’un niveau d’éducation secondaire minimum.

Cette exigence académique vise à maximiser l’assimilation des modules en ligne, tout en restant inclusive. Les organisateurs précisent que les candidates issues des zones rurales sont vivement encouragées à postuler, preuve de la volonté d’irriguer tout le territoire.

Digitalisation : le véritable levier de croissance

La promesse de WaveUP ne se limite pas à l’augmentation du chiffre d’affaires ; elle inclut la transformation numérique des opérations. Des outils de paiement mobile à la gestion de stocks sur smartphone, les participantes auront l’occasion d’intégrer des solutions simples mais décisives dans la vie d’une PME.

Carlène Kondoh Tano rappelle que « la digitalisation ouvre des marchés et sécurise les transactions ». En passant d’un carnet papier à une application, nombre de micro-entreprises pourront présenter un historique financier, élément clé pour accéder à de nouveaux financements.

Un financement pensé comme un tremplin

Le plafond de deux millions de FCFA par lauréate n’a rien d’anecdotique. Pour une TPE, un tel montant permet d’acquérir de l’équipement, de sécuriser un local ou de lancer une première ligne de production. Couplé au mentorat, il offre une marge d’expérimentation essentielle.

La libération des fonds se fera étape par étape. Chaque tranche sera conditionnée à la réalisation d’objectifs précis définis en amont, évitant ainsi l’écueil d’une aide sans suivi. Cette méthodologie, testée par DigiFemmes sur d’autres programmes, a déjà fait ses preuves en matière de responsabilisation.

Créer un effet entraînant pour l’écosystème

Au-delà des trois gagnantes, les 500 participantes bénéficieront d’un réseau solide, composé de pairs, de mentors et d’investisseurs potentiels. Kevin Niangoran insiste : « Nous voulons mesurer l’impact concret des formations sur les entreprises des bénéficiaires ».

L’écosystème ivoirien pourrait ainsi voir émerger de nouveaux modèles à suivre : des femmes capables de diffuser à leur tour les bonnes pratiques, créant un cercle vertueux qui dépasse les frontières du programme et s’étend jusqu’aux communautés rurales.

Vers une génération de championnes digitales

Lancé à Abidjan mais pensé pour rayonner au-delà, WaveUP illustre le dynamisme d’une Côte d’Ivoire qui mise sur ses talents féminins. La combinaison formation-financement-mentorat construit un parcours cohérent, adapté aux réalités locales tout en ouvrant la porte à l’innovation.

Si l’accompagnement se veut sélectif, l’esprit de solidarité demeure. Chaque participante, qu’elle accède ou non au dernier palier, repartira avec des compétences concrètes, une vision clarifiée et la confiance nécessaire pour poursuivre son ambition.

Les promesses sont désormais posées ; la balle est dans le camp des futures candidates. À Abidjan comme dans les villages, les entrepreneures savent qu’une nouvelle voie s’ouvre : celle d’une croissance inclusive, portée par la technologie et la conviction que l’audace féminine peut déplacer des montagnes.